Lors de l’Assemblée Annuelle 2025 du Fond Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale, qui s’est tenue du 13 au 18 octobre 2025 à Washington DC, le Ministre des Finances Louis Paul Motaze a tracé les grandes lignes de la vision du Cameroun pour la suite de sa coopération avec les partenaires financiers internationaux.

Un bilan encourageant des programmes achevés
Dans son allocution, le Ministre Motaze a d’abord dressé un bilan positif des deux programmes économiques et financiers récemment conclus avec le Fonds Monétaire International (FMI).
Nous avons fait l’évaluation des deux programmes que nous avons menés à leur terme. Tout le monde a eu à constater que les choses se sont bien passées. Nous avons eu 41 repères structurels qui ont été pratiquement tous réalisés.
«Ces programmes ont permis au Cameroun de mobiliser des appuis budgétaires considérables.
Ces deux programmes ont permis de bénéficier de ce qu’on appelle les appuis budgétaires du FMI et d’autres partenaires au développement comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la France… Nous avons glané plus de 2 600 milliards de FCFA.
«Une performance budgétaire saluée mais perfectible
L’un des succès majeurs mis en avant par le Ministre concerne la réduction drastique du déficit budgétaire.
Nous avons un déficit budgétaire de 1,5% et tout le monde a applaudi parce que nous sommes partis de 7% dans les années 2017 avec le début du premier programme. C’est très bien !
«Cette performance, témoigne de l’assainissement progressif des finances publiques camerounaises.
Toutefois, le Ministre a soulevé une question critique :
Mais est-ce que ça permet d’investir davantage pour créer les emplois notamment pour les jeunes et résoudre les problèmes d’infrastructure que nous avons ? Donc il y a toute une réflexion qu’il faudra mener, même dans le cas où il y aurait un autre programme pour voir comment il pourrait y avoir une inflexion sur un certain nombre de choses et faire en sorte que l’on s’attaque de manière plus frontale aux problèmes qui étaient posés par les populations.
«Cette interrogation reflète le défi auquel fait face le Cameroun : maintenir la rigueur budgétaire tout en répondant aux besoins pressants d’investissement et de création d’emplois.
Les réformes à poursuivre et à renforcer
Le Ministre Louis Paul Motaze a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes engagées.
Il y a des réformes qui ont été menées qu’il faudra poursuivre. Il faudra renforcer certaines réformes et internaliser d’autres en matière de gestion et d’évaluation des entreprises publiques et la systématisation des rencontres entre le secteur public et le secteur privé entre autres.
«Ces réformes touchent notamment la gestion des entreprises publiques, la gouvernance dans les secteurs clés de l’économie, l’amélioration du climat des affaires et le renforcement de la gestion des finances publiques. Si des progrès notables ont été enregistrés, certains chantiers restent à finaliser.
Un nouveau programme en perspective
Le Ministre a révélé que des discussions sont en cours avec le FMI pour un éventuel nouveau programme, mais dans une perspective différente.
Nous sommes tombés d’accord qu’ils vont attendre notre position. Nous avons dit oui, un programme, mais quel type de programme ? Nous sortons d’une campagne électorale et comme tout gouvernement démocratique, nous avons écouté ce que les gens nous disaient aussi bien ceux qui votaient pour nous ou non, parce que nous travaillons pour tout le pays. Il est donc clair qu’un programme devrait tenir compte du fait qu’il faut beaucoup plus d’investissement.
«Cette position marque une évolution significative dans l’approche du gouvernement camerounais. Elle reconnaît que, sans appuis budgétaires, « tout le monde peut comprendre qu’il y a un trou dans le budget et c’est un problème qu’il faudrait envisager », tout en affirmant la nécessité d’adapter les conditions des programmes aux impératifs de développement du pays.
Conclusion
Les déclarations du Ministre Louis Paul Motaze lors de cette assemblée annuelle traduisent la volonté du Cameroun de maintenir son partenariat avec les institutions financières internationales tout en négociant des conditions plus favorables à l’investissement et à la croissance. Au regard de ces retombées dans la modernisation de nos finances, ce partenariat demeure essentiel pour poursuivre les réformes engagées et renforcer la résilience économique du pays.