Bon à Savoir

EMF et banques: Quelle différence?

Publication : mercredi 10 mars 2010 00:00

La croissance considérable du secteur de la Micro finance au Cameroun en termes de couverture géographique et de nombres des établissements de micro finance a été extraordinaire. De 652 établissements en 2000 (1.) on est passé à 500 établissements en 2010 (2) malgré une campagne d'assainissement lancée en 2007 ayant conduit à la fermeture de nombreux établissements qui n'étaient pas en règle

Ce développement rapide du nombre des EMF en activité a été facilité par la pratique des tontines, système de financement informel, devenu le terreau de la micro finance au Cameroun. Par ailleurs. ce développement de la micro finance témoigne, sans nul doute de l'existence d'un besoin qu'il fallait combler Cependant. on ne petit manquer de constater que cette évolution dans le secteur de la micro finance. contraste avec celle des banques dont le nombre d'établissements opérant à la fois n'a jamais excède la douzaine au Cameroun depuis les indépendances. Les banques sont concentrées principalement dans les grandes métropoles singulièrement à Douala et à Yaoundé, consentant difficilement à mieux s'installer ailleurs que dans les lieux centraux, au détriment de certaines activités et opportunités économiques qui auraient pu être des pôles de développement de métiers de banque.

Pendant longtemps, le professionnalisme implémenté par les premiers EMF à été vite attribué aux anciens cadres de banque, reconvertis en dirigeants ou propriétaires des EMF ; ce qui suggère déjà fortement le lien que l'on pourrait établir encre le système bancaire (banques) et le système de micro finance (établissements de micro finance de 2è catégorie). En effet et cela est observable à suffisance, l'un et autre système offrent des services bancaires et financiers aux ménages, aux entreprises, et concourent au financement de l’économie Plus spécifiquement, ces systèmes reçoivent les fonds du public, octroient des crédits. délivrent des garanties, gérent et mettent à la disposition de leurs clientèles respectives les moyens de paiement.

( I) Enquête statistique sur l'évolution de l'activité de micro finance dans la CEMAC. COBAC, septembre 2007, Page 29

(2) Loi de finances 2010, page 50

Par ailleurs, l’exercice de la profession bancaire, tout comme celui de la micro finance, est soumis à l'agrément de l'Autorité Monétaire Nationale et à la supervision de la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale (COBAC) ; d'autre part, les dirigeants de banques et des EMF sont agréés selon les mêmes procédures. Bien plus. la banque et l'établissement de micro finance sont astreints, chacun à son niveau, à la constitution d'un capital social minimum lequel doit être entièrement libéré avant leur entrée en activité.

Sur tout un autre chapitre la banque et l'établissement de micro finance, sous leur mauvais jour, peuvent connaître des difficultés de même nature, notamment celles portant sur la carence dans l'administration. la gérance ou la direction de l'établissement; et conduisant parfois aux mêmes solutions, la mise sous administration provisoire ou la liquidation. Malgré ces nombreuses similitudes. non exhaustives pourtant, mises en exergue, il serait intéressant, dans le but d'éclairer le lectorat du Bulletin du Trésor, de présenter les différences fondamentales entre une banque et un établissement de micro finance de 2è catégorie, celui là même mienne qui "collecte l'épargne et accorde des crédits aux tiers".

Henri Nono,

Chef de Cellule de Rlations Financières Internationales