Centre INFORMATION

Interview du SRAMA Nord M Francis Yannick ZAMBO ZAMBO

Publication : mercredi 18 juillet 2018 20:32

Le Service Régional des Assurances et des Affaires Monétaires du Nord

 Une structure dynamique au service des populations

 

 

Structure opérationnelle de la Direction Générale du Trésor, de la Coopération Financière et Monétaire (DGTCFM), le Service Régional des Assurances et des Affaires Monétaires (SRAMA) de la Région du Nord est remarquable par le dynamisme de son activité en dépit du contexte sécuritaire observé dans cette région. Ce dynamisme est impulsé par Francis Yannick ZAMBO ZAMBO, chef SRAMA avec rang de Sous-Directeur. A ce titre, il est responsable régional de la Coordination et de la mise en œuvre des attributions du  Ministère des Finances en ce qui concerne la surveillance, l’encadrement et la stimulation des secteurs bancaire, des assurances, des micro finances et des changes et transfert de la région.

Ingénieur principal de la statistique, issu de l’Institut Sous-Régional de Statistique et d’Economie Appliquée (ISSEA) d’Afrique Centrale et titulaire d’un master 2 « assurance et gestion du risque » à l’université Paris dauphine,  le chef SRAMA a par ailleurs créé la revue  « Bulletin statistique annuel du secteur financier du nord » qui s’impose comme le  baromètre des activités des secteurs des assurances, des banques, des microfinances et des changes et transfert à l’échelle régionale.

Agé de 38 ans, Francis Yannick ZAMBO ZAMBO qui jouit d’une expérience professionnelle de 12 ans a accepté de rendre davantage visible la structure dont il a la charge depuis 2016.

 

Questionnaire

1-) Pouvez-vous présenter votre Circonscription Financière?

 

Le Service Régional des Assurances et des Affaires Monétaires du Nord est une structure opérationnelle de la Direction Générale du Trésor et de la Coopération Financière et Monétaire (DGTCFM) qui est en contact permanent avec les populations et les autres agents économiques sur le terrain. Le SRAMA couvre quatre départements et sa compétence s’étend sur les opérations relatives aux secteurs financiers qui concernent les prestations bancaires effectuées par sept (07) des quatorze (14) banques exerçant au Cameroun, les prestations d’assurances qui sont le fait de 16 officines dont un (01) courtier et deux (02) agents généraux, les opérations de Micro finance présentées par 23 EMFs qui assurent le maillage territorial le plus important avec 53 points de distribution. Les prestations de change, sont également effectuées  par des agences bancaires, un Etablissement de Microfinance (EMF) et un opérateur de transfert d’argent. Il faut dire que les prestataires régulièrement autorisés subissent la forte concurrence des réseaux de change illicite...

Il faut cependant dire que les prestataires régulièrement autorisés subissent la forte concurrence des réseaux de change illicite. Un autre fait que nous scrutons avec attention concerne les avancées de l’inclusion financière, les taux d’utilisation des services financiers par les populations étant bas. Ils se situent à moins de 2,7% pour les banques, 2,4% pour les micro finances et 0,9% pour les assurances. La région est de ce point de vue à la traîne. Mais, avec la conjugaison des efforts des différentes professions, de l’Autorité Monétaire et autres partenaires, le nombre de clients est en perpétuelle progression dans la plupart de ces marchés même si l’on aurait souhaité avoir des chiffres plus importants. 

.

Il s’agit là d’un problème qui se pose avec acuité et auquel différentes administrations s’attèlent à trouver des solutions depuis bien des années. Qu’est ce qui est concrètement fait à votre niveau pour promouvoir l’inclusion financière ?

 

Nous avons entrepris après diagnostic d’établir les causes de cet enthousiasme tiède à utiliser les services financiers. Il en ressort le manque d’éducation financière des populations accentué par l’absence de proximité avec les prestataires généralement localisés en zones urbaines ou périurbaines, le manque de vulgarisation des réformes, procédures d’application des contrats ou différentes réglementations dont l’objectif est pourtant, pour une large part, l’amélioration des prestations et une protection renforcée des consommateurs. A cela s’ajoute la méfiance vis-à-vis des prestataires accusés pour certains de ne pas remplir leurs engagements, sentiment quelque fois renforcé par l’irrégularité des contrôles auprès de ces structures par certains organes du dispositif de veille. La difficulté ici étant que des aspects importants  du contrôle ont été transférés à titre exclusif à des organismes ne disposant pas de relais locaux. Il convient également de souligner l’impact négatif qu’aura eu le contexte sécuritaire ayant prévalu dans les confins du septentrion. Les effets de celui-ci ont heureusement été atténués par la croissance spontanée des activités et les travaux de préparation de la CAN 2019 dont le Nord est l’une des régions hôtes.

Les actions entreprises pour améliorer la donne se font donc en connaissance de causes. Ainsi, avons-nous entrepris sous la coordination de nos hiérarchies administratives et techniques, de sensibiliser les populations en la matière. Cela commence par le bon accueil des usagers dans nos services et la mise à disposition des informations et éclaircissements sollicités, leur accompagnement lors de certaines procédures, etc. Des séminaires d’imprégnation sont d’ailleurs régulièrement organisés à cet effet pour renforcer les capacités du personnel du SRAMA. Un autre canal de plus en plus usité est l’utilisation des médias locaux qui permet d’amplifier la communication au bénéfice du public. Actuellement il est envisagé d’organiser dans la région, avec l’appui de nos différentes hiérarchies et l’implication des opérateurs de tous les secteurs, une vaste campagne de sensibilisation des masses sous forme de journées portes ouvertes des secteurs financiers. L’objectif est de vulgariser les réglementations, les réformes ainsi que les procédures, et créer un cadre d’échanges puis de partenariat entre les parties prenantes.

Un autre volet qui vise à renforcer la crédibilité de ces secteurs, est le suivi des structures sous tutelle par des contrôles sur place et sur pièces organisés conjointement avec l’administration centrale. Cela permet d’anticiper des situations dommageables pour les clients et pour la viabilité de ces officines.

Nous encourageons également les prestataires à assurer un maillage territorial plus optimal de la région en s’installant dans les zones non encore prospectées, la Nord présentant une forte concentration des structures financières dans le département de la Bénoué notamment la ville de Garoua. Autre fait saillant, sur les quatre départements que compte la région, deux ne disposent d’aucun prestataire d’assurances…

Enfin, le SRAMA est facilitateur concernant divers programmes d’inclusion financière compte tenu de la multitude d’intervenants dont l’implication est nécessaire à leur mise en œuvre. La dernière illustration en date concerne le programme d’implémentation de l’assurance indicielle dans le Septentrion. C’est l’aboutissement d’un ensemble de négociations entre des partenaires et une synergie public/privé coordonnée par la Direction des Assurances afin d’apporter aux petits exploitants des solutions de couverture d’assurances contre les pertes de récoltes. Il faut ajouter qu’en plus des échanges qui ont eu lieu pour parvenir à ce résultat,  le Nord récolte là les fruits d’une bonne organisation de la chaîne de valeurs de ses principales filières agricoles.     

3-) Un autre problème fait régulièrement surface. Il s’agit du change illicite. Quelles sont les mesures prises à cet effet dans votre région ?

Il s’agit effectivement d’un réel problème qui en plus d’encourager des personnes non habilitées à exercer dans ce secteur ô combien sensible, rend difficile la surveillance des mouvements de fonds concernant les devises. Rappelons que la raréfaction de celles-ci du fait de la chute des cours du pétrole est l’une des raisons du marasme économique observé dans bien des pays de notre zone monétaire.

Il se trouve que les difficultés rencontrées dans la région pour ce pan d’activités sont les mêmes dans plusieurs autres circonscriptions du pays. C’est donc un problème global pour lequel les solutions sont envisagées à une échelle qui va au-delà du Nord. Néanmoins, les Chefs SRAMA suivent minutieusement l’évolution de la situation et rendent régulièrement compte à l’administration centrale concernée. En plus des discussions qu’ils mènent fréquemment sur ce sujet lors de leurs conférences semestrielles, ils ont formulé à l’intention de la Direction de la Coopération Financière et Monétaire, des propositions visant à amorcer l’assainissement de ce secteur. Nul doute que celles-ci contribueront, à enrichir la matrice des interventions à mettre en œuvre à cet effet.

 

3-) Quel est votre plan d’action au titre de l’Exercice 2018 et quelle évaluation à mi-parcours en faites-vous ?

 

Notre plan d’actions s’articule autour des principaux axes que sont l’assainissement, l’encadrement et la stimulation des activités dans ces marchés, la recherche et l’accompagnement des opportunités allant dans le sens de l’inclusion financière, le suivi rigoureux des transactions relevant du commerce extérieur et autres activités de change, l’actualisation de la cartographie et des statistiques d’activités pour orienter davantage la prise de décisions les opérateurs économiques, sans oublier la nécessité de renforcer la visibilité du SRAMA. Les actions précitées et déjà menées ou en cours d’implémentation rentrent aussi dans notre plan d’actions  

 

4-) Le contrat sur la facilité élargie de crédit signé entre le Cameroun et le FMI le 27 juin 2017, a-t-il une influence particulière sur les objectifs visés par votre feuille de route ?

Bien évidemment ! C’est une convention qui a vocation à renforcer la capacité de notre pays tout entier à renouer durablement avec les équilibres macroéconomiques dans les domaines budgétaires et des transactions avec le reste du monde. S’agissant de ce dernier aspect en particulier, les SRAMA  font partie du dispositif de contrôle de la régularité des opérations relevant de la balance des transactions courantes.

L’autre volet sur lequel nous fondons des attentes dans le cadre de nos missions, est l’ambition affichée de ce contrat de créer les conditions favorables à une croissance durable tirée par le secteur privé, notamment à travers la promotion de la stabilité et de l’inclusion financière. Ces deux volets, faut-il le rappeler, constituent des points importants de l’intervention des SRAMA dans les marchés bancaire, des assurances et de la micro finance. 

 

6-) Quel sont vos rapports avec les usagers ?

 

Nous avons des contacts réguliers avec les prestataires des secteurs financiers et les responsables des sociétés commerciales exerçant des activités d’import-export. Ils font preuve d’une collaboration remarquable avec nos services dans le cadre d’échanges d’informations, du suivi des résolutions, des éclaircissements mutuels sollicités dans le cadre de la réglementation ou du suivi de leurs activités, etc. Ces rapports sont donc à consolider.

Quant au public, il faut relever un attrait tout relatif exercé par le SRAMA sur celui-ci, nos structures n’étant pas des organes publics de collecte ou d’acquittement qui eux, ont vocation à drainer spontanément les usagers. La saisine de nos services par ces usagers est faite dans le cadre des litiges qui les opposent aux prestataires, de la vulgarisation des conditions d’accès aux professions et des procédures inhérentes à l’application ou la souscription des contrats. C’est pourquoi il est important pour nous d’utiliser les canaux de communication de masse pour aller vers les usagers qui sont nombreux à entretenir des relations avec les mastodontes de ces secteurs, sans pour autant être outillé à cet effet. La remontée des informations qui nous parviennent semble indiquée que le public accueille avec satisfaction ce type d’initiatives.

 

7-) Quel message adressez-vous à la hiérarchie ?

 

            Nous sommes pour nos hiérarchies administrative et technique, leurs prolongements dans nos circonscriptions et domaines respectifs. C’est dire que des contacts réguliers sont établis avec ces dernières qui ont par ailleurs une forte capacité d’écoute. Cela nous permet de nous exprimer amplement sur différents points. Pour des raisons d’efficacité dans le dialogue avec ces hiérarchies, nous privilégions ce cadre d’échanges des plus appropriés et direct.